Comment le yoga agit-il en profondeur sur nos cellules ?

Nous savons tous, pour peu que nous ayons quelque peu pratiqué le yoga, qu’il agit sur notre corps. Il nous apporte plus de force, plus de souplesse, il aide à amplifier la capacité respiratoire, à renforcer les cartilages etc.

Mais le yoga agit bien plus en profondeur, directement sur nos cellules grâce à un phénomène appelé la mécanotransduction, c’est à dire le mécanisme par lequel une cellule intègre un signal mécanique pour le transformer en un signal biochimique. Ce mécanisme permet à nos cellules de réagir, de s’adapter, voire de modifier l’expression de ses gènes (cf. https://lejournal.cnrs.fr/articles/mecanobiologie-les-cellules-sous-pression). Autrement dit, la structure même des cellules peut se trouver modifiée par un effet proprement mécanique et cela se fait par l’intermédiaire de la matrice extracellulaire (MEC), notamment.

Le lien qui unit les cellules entre elles explique une bonne partie des propriétés mécaniques d’un tissu ou d’un organe. Certaines cellules communiquent via des forces mécaniques afin de coordonner leurs mouvements et de renforcer leur cohésion. La bonne santé de nos cellules repose donc sur leur capacité à interagir avec leur environnement et à adhérer plus ou moins fortement avec des protéines composantes du milieu intercellulaire, la matrice extracellulaire.

Plutôt que de paraphraser, je citerai ici un extrait d’une thèse consacrée à la mécanotransduction : « L’adhérence de la cellule à la matrice initie une réaction en chaîne, allant des protéines membranaires permettant l’adhérence, jusqu’au noyau grâce au cytosquelette. Une fois le contact créé, la cellule sera alors capable d’exercer plus ou moins de forces sur son substrat pour en connaître les propriétés mécaniques » (Richard de Mets : https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01237682/file/DE_METS_2015_diffusion.pdf).

De récentes études ont clairement démontré que la capacité des cellules à interagir entre elles a un effet sur les propriétés mécaniques d’un tissu.

Quel rapport avec le Yoga ? C’est très simple, quand nous stimulons notre corps, nous envoyons des signaux de stress mécanique aux cellules via la matrice extracellulaire, ce qui permet aux cellules de réagir, par exemple en facilitant la réparation des tissus. Nos cellules souches, notamment, sont capables de s’activer en fonction du degré de stress (stimulation) ressenti, pour se transformer en une cellule « fonctionnelle » correspondant au besoin (cellule nerveuse, musculaire, adipeuse ou autre).

En outre, la matrice extracellulaire contient des hormones de croissance capables de stimuler la croissance de nouvelles cellules. Ainsi donc, le mouvement, la thérapie physique sont importants pour la santé et sont facteurs de guérisons. Or le yoga est une activité qui stimule le corps, muscles, tendons, fascias, os…par les asanas, mais aussi par la respiration qui agit sur le diaphragme, le rythme cardiaque. Autrement dit, pour rester en bonne santé ou pour guérir, il faut bouger ! Les médecins le savent bien qui recommandent notamment de mobiliser les articulations douloureuses pour permettre de retrouver de la mobilité et de faire disparaître ou atténuer les douleurs. Le yoga en proposant un stress adapté à notre corps participe à conserver la santé. Savoir comment peut aider à être plus conscient de son importance.

Corps, souffle et esprit : ancrages et encrages

Stage de yoga et peinture à l’encre de Chine

Lieu : L’oustaou du Luberon, La Tuilière, 84530 Villelaure

Dates : Du vendredi 04/12/2020 17H au 06/12/2020 17H

Organisateurs : Jean-Pierre Gasnier, professeur de yoga, Manashanti et Suzy Xuan Thu Lloret, artiste peintre et calligraphe

« Si vous savez respirer, vous savez pratiquer le yoga » (Krishnamacharyia)

« En peignant un paysage le souffle rythmique doit seul guider le pinceau. Le jeu du pinceau doit être dominé par le souffle. Lorsque le souffle est, l’énergie vitale est », Vide et plein, François Cheng

« La respiration s’ajuste à la fois au corps et à l’esprit, et c’est le seul outil qui peut les rassembler, les illuminant tous deux et leur apportant la paix et le calme », Thich Nhat Hanh

« Quand la respiration est instable, le mental est instable ; quand la respiration est stable, le mental est stable et le Yogi atteint l’immobilité. C’est pour quoi l’on doit maîtriser la respiration », Hata Yoga Pradîpikâ

Si les termes de corps, souffle et esprit parlent aux pratiquants du yoga, cette trilogie se retrouve aussi au fondement d’autres disciplines orientales, notamment, les arts martiaux et… l’art du pinceau en Extrême-Orient !

Tout comme le yoga, le chemin de l’encre exprime la plus haute spiritualité au travers du corps, du souffle et de la conscience. Ce stage sera l’occasion d’explorer les points de convergence entre yoga et art du pinceau, pour aboutir à la réalisation d’une œuvre personnelle. Les techniques du yoga (ancrage, pranayama, visualisations…) seront mises au service de ce travail créatif afin d’en faciliter l’éclosion.

Pour les réservations, contacter directement L’Oustaou du Luberon :

Tél. : +33(0)4.90.09.84.95 – Mobile : +33.(0)6.64.90.56.24 – oustaouduluberon@gmail.com

Accueillir ce qui vient

Il y a des jours, comme aujourd’hui, où l’humeur n’est pas nécessairement positive, où l’inspiration ne vient pas, où on se sent chagrin, souvent pour une raison qu’on ignore. Ce que le yoga et la méditation nous apprennent c’est que c’est ainsi, qu’il faut accepter ce qui vient, fût-ce quelque chose de peu, voire pas du tout agréable. Ou plutôt, non pas accepter, ce qui pourrait être interprété comme de la résignation, mais accueillir ce qui vient.

La souffrance fait partie de la vie. C’est un des enseignements fondamentaux de Bouddha (une des 4 Nobles vérités), qu’on retrouve également chez les mystiques hindous et notamment dans les Yoga Sûtras de Patanjali. La question est alors de savoir ce que nous faisons de cette souffrance.

Il y a généralement trois attitudes face à la souffrance :

la première consiste à en jouir, à toujours chercher quelque chose d’inaccessible par exemple, pour être sûr de jouir du fait qu’on n’y arrivera pas et de continuer à souffrir, à se complaire dans celle-ci.

La deuxième consiste à chercher à fuir. On connaît tous de ces gens qui se noient dans le travail ou qui s’étourdissent de multiples activités ludiques, faisant la fête sans relâche ou pratiquant des sports qui les dopent à l’adrénaline. Cela les aide à ne pas penser et ne surtout pas se retrouver face à eux-mêmes. Reconnaître la souffrance serait pour eux un aveu de faiblesse, voire pire à leurs yeux, d’échec.

La troisième consiste à ne rien voir, ne rien savoir, ne rien vouloir savoir, à se laisser porter, balloter, mener par ses besoins primaires , ses désirs, toujours plus exigeants et impérieux.

Ce que le yoga et la méditation nous enseignent, c’est qu’il existe une quatrième possibilité. Cette possibilité consiste à apprendre. Pour cela, il est nécessaire de prendre conscience de nos failles, de nos manques, des schémas que nous répétons sans cesse et qui nous conduisent toujours aux mêmes impasses, pour être un jour, enfin capable de voir comment nous réagissons et éviter l’obstacle. Pour cela il faut être capable de reconnaître et d’accepter qu’on souffre, certes à des degrés divers, certes pas pour les mêmes raisons que d’autres, mais la vie n’épargne personne, jamais. Et il convient de s’interroger sur les causes de notre souffrance : Pourquoi ai-je mal ? Où ai-je mal ? Comment ai-je mal ? D’où me vient cette souffrance ? Qu’ai-je fait ou négligé pour qu’il en soit ainsi ?

Cela nécessite un certain courage pour affronter sa condition, sa souffrance, et reconnaître qu’on n’y est peut-être pas étranger. Mais n’est-ce pas quand on connaît les causes de sa souffrance qu’on peut mettre en place les moyens de la désamorcer, de la supprimer, peut-être en empruntant une autre voie pour essayer de ne pas tomber à nouveau dans les mêmes ornières, les mêmes difficultés, rencontrer les mêmes obstacles ?

Le premier sûtra de Patanjali est intéressant en ce qu’il dit à propos du yoga « maintenant commence l’enseignement complet du yoga » . Il insiste sur ce maintenant. Et si, maintenant, nous décidions de regarder en face ce qui nous fait souffrir pour apprendre à nous en détacher, c’est à dire, non à nier, mais à affronter notre humanité dont la souffrance fait partie ?

Et puis accepter que la souffrance soit le lot de notre condition humaine nous ouvre à la compassion envers tous les humains qui, quelle que soit leur statut social, leur environnement familial ou autre, souffrent également, ne serait-ce que d’ignorer cette condition.

Le silence

Aujourd’hui je vais me taire pour laisser la parole à Thich Nhat Hahn qui a écrit un très beau texte sur le silence, texte que je souhaite partager avec vous, en espérant pouvoir partager également le silence à l’occasion.

Ce texte est accessible sur le site : https://secure.sogides.com/editeurs/2/3/ext_9782890448742.pdf

Saut à la perche

Avez vous déjà sauté à la perche ? C’est une activité qui permet de sauter haut, beaucoup plus haut que si on essaye de sauter en prenant simplement un appui et une impulsion sur ses jambes, en faisant un énorme effort qui dure quelques secondes pour aller aussi haut que possible.

Mais auriez-vous l’idée de sauter à la perche pour franchir une montagne ? A priori, non, vous décideriez plutôt prendre le chemin qui serpente sur les flancs de la montagne et qui vous mènera à destination au sommet, ou de l’autre côté. Cela prend du temps, il faut le temps de parcourir la distance. Cela suppose un certain effort, pour monter d’abord, pour redescendre ensuite. Mais cela présente aussi l’avantage qu’on peut profiter du paysage, des rencontres sur le chemin, des senteurs, bref, de tout ce qui se présente à nous dans ce voyage.

Alors, pourquoi lorsque nous pratiquons certaines activités comme le yoga ou la méditation redevenons nous des perchistes? Nous voudrions franchir la montagne d’un seul coup. Et bien évidemment nous nous fracassons régulièrement contre la montagne.

Et si, tout simplement, nous acceptions l’idée que nous avons du chemin à faire, voire un chemin à découvrir ou même à tracer nous même, notre chemin? Si nous acceptions également l’idée que nous ne pourrons faire l’économie de l’effort et du temps que cela suppose ? Si, tout simplement, nous acceptions de profiter du paysage offert par nos émotions et nos sensations ? Si nous nous ouvrions aux rencontres que nous pourrons faire sur ce chemin avec des gens qui, peuvent peut-être cheminer un moment avec nous ou nous montrer un passage que nous n’aurions pas vu ? Et si même nous acceptions les détours, qui nous permettent de voir la montagne autrement, d’un autre point de vue, qui nous conduisent vers d’autres lieux de cette montagne ? Si, tout simplement nous acceptions que cette montagne, c’est un pas après l’autre que nous la franchirons, peu importe par où nous passerons ?

Allons, posons nos perches et avançons, à notre rythme et laissons nous surprendre par le chemin.

L’instant présent

« Laisse aller ce qui n’est plus. Laisse aller ce qui n’est pas encore. Observe profondément ce qui se passe dans le moment présent, mais ne t’y attache pas . C’est la façon la plus merveilleuse de vivre. »

Bouddha

Ne vous êtes vous jamais demandé ce qu’est l’instant présent ?

On entend souvent dire qu’il faut « vivre l’instant présent », mais qu’est-ce que c’est que l’instant présent et comment le vivre ?

Est-ce que cet instant présent existe en dehors de ma perception ? Est-il quelque chose qui m’est extérieur ou est-ce une création de mon esprit ? Existe-t-il un temps hors de moi, qui coule, file, se déroule et dans lequel je m’immerge ou suis immergé ? Que devient l’instant présent une fois qu’il n’est plus ? L’instant présent existe-t-il si je disparais ?

Et si je m’attache plus à l’expérience, ces questions encore : où et comment en moi, pour moi, se manifeste l’instant présent ? Qu’est-ce que je ressens ? Suis-je présent à l’instant présent ? Ai-je conscience de cet instant ? Comment ? Qui est-ce qui perçoit ou vit cet instant ?

Voilà de quoi alimenter sa méditation pendant quelque temps ou… quelques instants.

Lâcher prise

Combien de fois nous sommes nous tendus pour entrer dans une posture, pour pouvoir y rester ? Combien de fois avons nous lutté contre nous-même, notre corps et avons nous contraint notre esprit à coup de volonté plus ou moins déterminée ? Et pourquoi cette lutte ? Y avons nous réfléchi ? Besoin de faire bien ? souci du regard de l’autre ? Envie de ne pas décevoir le prof ? Envie de ne pas se décevoir, de tout faire pour correspondre à l’image qu’on a de soi ?

Ou alors, combien de fois avons nous renoncé, abandonné la posture parce que « trop c’est trop », parce qu’on se demande jusqu’où ce prof va aller en exigeant de tells contorsions. Combien de fois nous sommes nous dit « je ne viens pas ici pour souffrir » ou bien avons nous pensé « tant pis si les autres y arrivent, ce n’est pas pour moi » ?

Que celles et ceux qui n’ont jamais eu de telles pensées m’écrivent. Que tous ceux qui ont eu un parcours « idéal » ou « indolore » dans leur découverte du yoga n’hésitent pas à me contacter.

Alors comment rendre la posture plus confortable ? D’abord en n’allant pas jusqu’à son extrême limite. Parfois revenir un peu en-deçà suffit à soulager et rendre la posture beaucoup plus aisée. Ensuite, en essayant de relâcher tous les muscles qui ne servent pas à maintenir la posture, ou en modifiant légèrement l’alignement, ou la position d’un membre. Surtout en se rappelant qu’il n’y a pas de posture idéale et qu’on n’est pas en compétition avec soi-même, en acceptant ses difficultés et ses limites.

Et si au lieu de se tendre et de lutter ou au lieu de renoncer, on commençait simplement par observer ce qui se passe quand nous sommes dans une posture, observer là où ça tire, là où c’est inconfortable et qu’on se demande comment on pourrait faire pour rendre la posture plus confortable. Le yoga sûtra de Patanjali ne dit-il pas « Shtira sukham asanam » autrement dit que le posture doit être à la fois ferme (« shtira ») et confortable (« sukham ») ?

Et puis, une fois que la posture devient « tenable », suffisamment confortable, il faut observer son souffle et les mouvements de son esprit. Où est mon mental à ce moment précis ? Comment est-ce que je réagis ? Suis-je en train de me focaliser sur l’inconfort, plutôt que de penser à respirer et à relâcher ce qui le peut être ? Mon esprit est-il en train de vagabonder sur l’après, parce qu’une fois sorti de la posture, ce sera mieux, ou parce que je m’inquiète de ce que le prof va encore nous demander dans ce cours qui n’en finit pas ?

Et si en début de cours je prenais la résolution d’accepter ? Accepter ce qui va venir, ce qui va me surprendre, accepter l’inconfort relatif des postures qui font travailler certaines zones de mon corps plus difficiles, là où je n’ai pas l’habitude de travailler. Accepter que mon corps n’est pas parfait, accepter que la posture ne soit pas parfaite, accepter que réaliser cette posture prendra du temps. Accepter de me laisser le temps de travailler la posture, d’en goûter la saveur jour après jours, accepter que je n’irai peut-être jamais au-delà d’une certaine limite. Accepter et lâcher prise.

Lâcher prise ne signifie pas abandonner, mais être conscient et ne pas chercher à aller au-delà, ne pas se tendre, s’arc-bouter pour réussir à tout prix. Il y a autant, voire plus, à apprendre dans l’échec (mais peut-on vraiment parler d’échec) que dans le succès. Accepter d’avoir un peu de bienveillance envers soi n’est pas un luxe ni une erreur.

Et si vous commenciez aujourd’hui ?

21 Juin : journée internationale du yoga

photography-of-a-woman-meditating-906097

Aujourd’hui, 21 juin, nous célébrons la journée mondiale du yoga à l’initiative de l’ONU. On peut certes penser ce qu’on veut de ces journées internationales, mais c’est au moins l’occasion de mettre en avant certaines valeurs, certaines causes. Alors une journée consacrée au yoga, j’approuve, ce peut être l’occasion de promouvoir le yoga et ses valeurs.


Le souci c’est que cette journée est récupérée par certaines marques qui en profitent pour se faire de la publicité, loin des valeurs du yoga. On voir fleurir des manifestations dont certaines sont éloignées de l’esprit de cette pratique.

Le yoga ne se résume pas aux seules postures. Pratiquer le yoga c’est aussi pratiquer les valeurs qui vont avec. Nyamas et Niyamas.
A commencer par les 5 Yamas :
Non violence
La vérité, s’abstenir de toute parole fausse, inutile ou nuisible.
La probité (ne pas s’approprier quelque chose appartenant à autrui)
La modération des sens et des désirs
La non-possession et le détachement

Alors, en ce jour de la fête internationale du yoga, si nous faisions tout particulièrement attention à ces 5 yamas ? Et si le détachement se manifestait, par exemple, par un don à une association ou toute autre action généreuse ?

L’antifragilité et le yin yoga

yoga-woman-nature-landscape_Snapseed

L’antifragilité est un concept que j’ai découvert en lisant les ouvrages de Bernie Clark. Ce dernier explique que ce terme a été forgé par un philosophe et statisticien, Nassim Nicholas Taleb et désigne un état dans lequel une entité ou une personne tire parti du hasard, du stress et du désordre. Pour le transposer à la pratique du yoga notamment, cela signifie qu’une certaine dose de stress est susceptible de renforcer notre corps, voire notre esprit.

Tout, y compris nos corps, s’use avec le temps si on ne les entretient pas. Mais nous ne sommes pas des machines et notre corps a la possibilité de se renforcer, de mieux résister si on lui applique une certaine dose de stress.

Intuitivement, cela va à l’encontre de l’idée très répandue selon laquelle il faut éviter le stress, que celui-ci est nocif. En fait, tout dépend de ce qu’on appelle stress et tout dépend de la dose de stress que nous subissons.

Dans le contexte qui nous intéresse, le yoga, par stress il faut entendre stimulation.

piqsels.com-id-zkupb_SnapseedUne petite dose de stress renforce, un forte dose fragilise. Au-delà d’un certain seuil de tolérance, le stress fragilise. Un stress trop fort appliqué sur un tendon ou un os va mener à la rupture. Bien entendu, ce seuil de tolérance varie d’un individu à un autre. Par ailleurs, la tolérance au stress décroît si le stress est continu.  Toute la subtilité consiste donc à appliquer des doses de stress adaptées et répétées mais en ménageant des temps de repos afin de restaurer les tissus et d’augmenter leur tolérance, c’est à dire de passer d’un état fragile à un état antifragile.

Lorsqu’on pratique le yoga, un stress peut être une compression ou une tension qui s’exerce soit sur les muscles, soit encore sur les fascias, les tendons, les os, les cartilages etc.

Les études menées sur les astronautes démontrent que faute de stimulation adaptée, leurs os s’atrophient. C’est l’ostéoporose que connaissent hélas certaines personnes âgées. Les médecins savent également depuis longtemps que pour éviter qu’une articulation s’ankylose et ne deviennent chroniquement incapable de remplir sa fonction sans douleur, il faut la mobiliser, la stimuler.

Le meilleurs endroit pour recouvrer des forces n’est donc pas son canapé ou son lit ! C’est bien pour cela qu’on mobilise au plus tôt les personnes qui ont subi une intervention chirurgicale.

Tout ceci va clairement à contre courant de nos vies modernes, sédentaires où la recherche du confort est prioritaire. Le confort nous fragilise. On sait bien que pour les personnes atteintes de maladies cardio-vasculaires, il est nécessaire d’éviter la sédentarité car elle fragilise les artères et le cœur.

L’antifragilité, lorsque ce concept est bien compris, doit nous conduire à bouger, à stimuler nos muscles, nos articulations, nos tissus conjonctifs et par là-même notre esprit. Ce conseil est vrai à tout âge et d’autant plus vrai quand on prend de l’âge. C’est bien pour cela que je pense qu’il est indispensable de développer des cours de yoga pour les « seniors », pour les personnes qui n’ont jamais fait de sport ou n’en ont pas fait depuis longtemps, pour ceux qui ont des douleurs chroniques, ceux qui ont trop de poids etc. Il faut savoir se réconcilier avec son corps, savoir l’accepter, en accepter les limites et les fragilités, mais il faut aussi apprendre et accepter que ces limites et fragilités ne sont pas inéluctables et définitives. Le yin yoga notamment peut aider à devenir antifragile grâce à une pratique régulière et adaptée.

Un pas après l’autre

Manashanti, Accueil 4la paix de l’esprit. Tout un programme, non ? Tout un projet aussi qui mûrit depuis quelque temps déjà. Un projet pour transmettre ce qui m’a été enseigné, pour transmettre ce que j’ai appris de mon expérience, pour transmettre sans dogmatisme, sans idée préconçue à ceux qui veulent tenter le voyage. S’il est bien une certitude, c’est que ce voyage vous mènera quelque part. Mais où ? Cela je ne le sais pas. Là où vous serez prêts à aller, abandonnant vos certitudes, vos résistances, vos habitudes.

Oui, Manashanti est une invitation au voyage, au voyage intérieur. A votre rythme, avec ce qui vous définit, ce qui vous limite, mais aussi avec ce qui en vous laisse la place aux possibles, fait de l’espace pour la surprise, la nouveauté. Parfois aussi avec ce qui dérange, là où c’était trop bien rangé, trop bien ordonné, trop étroit pour contenir vos aspirations ou avec ce qui déroute, c’est à dire vous fait sortir du chemin tout tracé, pour vous faire découvrir de nouvelles contrées.

Ces nouvelles contrées, quelles sont elles ? Qui le sait ? Celles que recèlent votre corps, vos émotions, vos pensées, certainement, pour peu que vous vous en donniez l’opportunité.

Cela n’est pas sans effort, ça ne vient pas tout seul, il faut résolument vouloir s’engager sur le chemin.

Cela étant, si vous voulez simplement pratiquer une activité physique, transpirer un peu, détendre vos muscles, vous renforcer et vous relaxer, vous êtes aussi les bienvenus.