Pranayama

Je salue le seigneur Hanuman, le Seigneur du Souffle, Fils du Dieu Vent, qui porte cinq visages et demeure en nous sous la forme des cinq vents ou énergies, habitant notre corps, notre esprit et notre âme, qui réunit Prakriti (Sita) à Purusha (Rama). Puisse-t-il accorder sa bénédiction à l’adepte en unissant son énergie vitale (prâna) à l’Esprit Divin qui est en lui.

Prâna est l’énergie physique, mentale, intellectuelle, sexuelle,spirituelle et cosmique, ainsi que toutes les énergies vibratoires, chaleur, lumière, magnétisme etc. Prâna est le principe de vie et de conscience selon les Upanishad c’est ce qui anime tous les êtres vivants. Quand nous naissons, il nous faut ce prâna, le Souffle pour vivre, quand nous mourrons, le Souffle se dissout dans le Prâna universel. Tout ce qui est animé, mais également tout ce qui est inanimé est pénétré de prâna. C’est la raison pour laquelle le yogi s’intéresse au prâna.

Les fonctions corporelles sont mues par les cinq vayus (cf. le post précédent, « Le Prâna, les nâdis, les vayus » sur ce site). Le rôle du Pranayama est d’activer ces vayus par l’intermédiaire des inspirations et des expirations pour déboucher les nadis et de permettre une circulation optimale et équilibrée du prâna, ce qui permet d’apaiser les sens et l’esprit. Le Hata Yoga Pradipîkâ énonce « quand le souffle (prâna) est instable, l’esprit (chitta) est instable. Quand le Souffle est stable, l’esprit est stable et le yogi atteint l’immobilité, c’est pourquoi le yogi doit maîtriser le souffle ».

Les yogas sûtras de Patanjali définissent le Pranayama comme l’admission et l’évacuation du Souffle dans une posture stable et fermement établie (Chap. 2, sûtra 49-51).

Pranayama est un mot composé de Prâna, le souffle et de Ayama qui signifie tout à la foi « extension », « expansion », « régulation » prolongation », « retenue » et « contrôle ». Le Pranayama est donc un ensemble de techniques qui permettent la prolongation du Souffle dans toutes les dimensions (Ayama signifie également « longueur » et « largeur »), mais également sa retenue et son contrôle. Ces techniques visent à permettre aux organes respiratoires de se dilater volontairement selon un rythme donné et de façon intensive. Pour cela, le pranayama va travailler sur les inspirations (puraka) qui stimulent l’organisme et ouvrent les nadis, sur les expirations (rechaka), qui éliminent les toxines et l’air vicié et également sur les rétentions du souffle (kumbakha) qui assurent la diffusion de l’énergie. On comprend alors le rôle des divers vayus qui interviennent à chaque étape de la technique.

Le Pranayama permet donc de discipliner le Souffle et par ce moyen, de discipliner l’Esprit (Chitta).

Parce qu’il agit dans toutes les directions sur les organes respiratoires, le Pranayama permet aux liquides organiques de mieux circuler et de mieux remplir leurs fonctions, et aux poumons de mieux éliminer le gaz carbonique. Il assure ainsi un meilleur fonctionnement de l’ensemble des organes internes que ce soit grâce à l’amélioration des échanges gazeux due notamment à l’augmentation du débit sanguin et à la teneur en oxygène du sang, ou au massages internes que les exercices permettent et qui améliorent par exemple les contractions péristaltiques des intestins. Enfin, il neutralise efficacement l’acide lactique..

Toutefois, les pratiques de Pranayama doivent être menées avec prudence et de préférence sous la conduite d’un maître, car une mauvaise pratique peut entraîner des désordres (asthme, toux, hypertension, douleurs dans les yeux et les oreilles, sécheresse de la langue, problème pulmonaires).

Pratiquer le Pranayama est une des ascèses des yogis. On l’appelle même la grande ascèse (Maha tapas) qui conduit à une purification de l’ego et à une grande maîtrise de Chitta..

Toutefois si le Pranayama est bien cité dans les Yogas Sûtras de Patanjali comme l’un des huit membres du yoga, il est cité après les asanas. Il est recommandé de pratiquer d’abord les asanas avant de pratiquer intensivement Pranayama car un corps mal discipliné sera un allié peu sûr. Il est donc nécessaire d’être en mesure de mouvoir correctement les muscles nécessaires aux pratiques du Pranayama (muscles intercostaux, muscles pelviens et thoraciques) et pour ce faire, de pratiquer les asanas qui favorisent la connaissance et la maîtrise de ces muscles.

La pratique du Pranayama, comme celle des asanas suppose de la régularité. Mieux vaut un peu tout les jours que beaucoup (voire trop) de temps en temps. Elle suppose également de la détermination et surtout d’être pratiquée en allant pas à pas et avec attention et intention.

BKS Iyengar donne de précieux conseils pour la pratique :

  • ne pas pratiquer d’asanas immédiatement après une séance de Pranayama ;
  • ne pas pratiquer quand l’esprit et le corps sont lourds . Si tel est le cas, pratiquez shavasana et ensuite le pranayama ;
  • ne pas pratiquer en cas de trouble mentaux, d’angoisse, de confusion ;
  • ne pas pratiquer de rétentions (kumbhakas) avant d’aller dormir ou si le cerveau est sensibilisé par des stimulis externes ou des préoccupations ;
  • ne pas pratiquer à la hâte, no lorsque les poumons sont engorgés
  • Eviter toute activité et de parler après avoir travaillé Pranayama. Il est conseillé de prendre un temps entre la séance et la reprise d’activités ;
  • ne pas pratiquer après un repas ou si vous avez faim (attendre au moins 4 heures après un repas) ;
  • rester vigilant et notamment apte à déceler les erreurs. Si de telles erreurs sont repérées, ne pas les laisser s’enraciner ;
  • stopper le Pranayama dès qu’une lourdeur ou une raideur apparaît dans les poumons ou si la respiration devient rauque ou rêche ;
  • faire attention si de l’irritabilité, lassitude ou agitation apparaît, c’est le signe d’une pratique incorrecte ;
  • pour les femmes enceintes, éviter de pratiquer kapalabhati, bhastrika, visamavritti, antara kumbhaka et baya kumbakha avec uddiyana. Udiyanna est également à éviter pendant les règles.
  • En cas d’échauffement corporel important, arrêter la pratique pour la journée et pratiquer shavasana pendant au moins un quart d’heure.
  • préparer son esprit avant de pratiquer Pranayama.

Il serait trop long de développer plus avant l’art du Pranayama. Il est possible et conseillé de se reporter aux ouvrages consacrés à cette pratique et notamment le « Pranyama pradipika » de BKS Iyengar qui est une mine d’enseignements (voir bibliographie dans le poste « Le Prâna, les nadis, les vayus » sur ce site). Le mieux est de pratiquer sous la supervision d’un maître.

Yogacharya BKS Iyengar. Express archive photo

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