Accueillir ce qui vient

Il y a des jours, comme aujourd’hui, où l’humeur n’est pas nécessairement positive, où l’inspiration ne vient pas, où on se sent chagrin, souvent pour une raison qu’on ignore. Ce que le yoga et la méditation nous apprennent c’est que c’est ainsi, qu’il faut accepter ce qui vient, fût-ce quelque chose de peu, voire pas du tout agréable. Ou plutôt, non pas accepter, ce qui pourrait être interprété comme de la résignation, mais accueillir ce qui vient.

La souffrance fait partie de la vie. C’est un des enseignements fondamentaux de Bouddha (une des 4 Nobles vérités), qu’on retrouve également chez les mystiques hindous et notamment dans les Yoga Sûtras de Patanjali. La question est alors de savoir ce que nous faisons de cette souffrance.

Il y a généralement trois attitudes face à la souffrance :

la première consiste à en jouir, à toujours chercher quelque chose d’inaccessible par exemple, pour être sûr de jouir du fait qu’on n’y arrivera pas et de continuer à souffrir, à se complaire dans celle-ci.

La deuxième consiste à chercher à fuir. On connaît tous de ces gens qui se noient dans le travail ou qui s’étourdissent de multiples activités ludiques, faisant la fête sans relâche ou pratiquant des sports qui les dopent à l’adrénaline. Cela les aide à ne pas penser et ne surtout pas se retrouver face à eux-mêmes. Reconnaître la souffrance serait pour eux un aveu de faiblesse, voire pire à leurs yeux, d’échec.

La troisième consiste à ne rien voir, ne rien savoir, ne rien vouloir savoir, à se laisser porter, balloter, mener par ses besoins primaires , ses désirs, toujours plus exigeants et impérieux.

Ce que le yoga et la méditation nous enseignent, c’est qu’il existe une quatrième possibilité. Cette possibilité consiste à apprendre. Pour cela, il est nécessaire de prendre conscience de nos failles, de nos manques, des schémas que nous répétons sans cesse et qui nous conduisent toujours aux mêmes impasses, pour être un jour, enfin capable de voir comment nous réagissons et éviter l’obstacle. Pour cela il faut être capable de reconnaître et d’accepter qu’on souffre, certes à des degrés divers, certes pas pour les mêmes raisons que d’autres, mais la vie n’épargne personne, jamais. Et il convient de s’interroger sur les causes de notre souffrance : Pourquoi ai-je mal ? Où ai-je mal ? Comment ai-je mal ? D’où me vient cette souffrance ? Qu’ai-je fait ou négligé pour qu’il en soit ainsi ?

Cela nécessite un certain courage pour affronter sa condition, sa souffrance, et reconnaître qu’on n’y est peut-être pas étranger. Mais n’est-ce pas quand on connaît les causes de sa souffrance qu’on peut mettre en place les moyens de la désamorcer, de la supprimer, peut-être en empruntant une autre voie pour essayer de ne pas tomber à nouveau dans les mêmes ornières, les mêmes difficultés, rencontrer les mêmes obstacles ?

Le premier sûtra de Patanjali est intéressant en ce qu’il dit à propos du yoga « maintenant commence l’enseignement complet du yoga » . Il insiste sur ce maintenant. Et si, maintenant, nous décidions de regarder en face ce qui nous fait souffrir pour apprendre à nous en détacher, c’est à dire, non à nier, mais à affronter notre humanité dont la souffrance fait partie ?

Et puis accepter que la souffrance soit le lot de notre condition humaine nous ouvre à la compassion envers tous les humains qui, quelle que soit leur statut social, leur environnement familial ou autre, souffrent également, ne serait-ce que d’ignorer cette condition.

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